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Les olivettes de Capestang

par Christine Espallargas-Moretti


Au 18ème siècle, de la fin du règne de Louis XIV jusqu’à la révolution, la culture de l’olivier occupe une bonne partie du terroir de Capestang et l’huile d’olive est une importante source de revenus pour la communauté.

 

Emile Viales relate ceci dans son histoire de Capestang :

 

« Le 24 juin 1740, déclaration du sieur Rameau, 1er Consul de Capestang : d'après l’état présenté en plein Conseil le 24 juin 1740 les olivettes recouvrent une superficie de 5 654 cestérées 62 dextres (soit 898,51 hectares) produisant 600 charges d’huile. La cestérée vaut 15,89 ares et le dextre 15,70m². La charge d’huile représente 185 litres. Cet état soigneusement dressé par un habitant du lieu, contrôlé par le Conseil, l’a été sur la demande de l’Archevêque de Narbonne, pour servir de base à l’établissement d’un dégrèvement d’impôt, car le rigoureux hiver de 1709 a occasionné la mort d’un grand nombre d’oliviers. Les habitants estiment ne pouvoir servir que 1000 cestérées de blé, seigle, avoine ou légumes dont le produit des dits grains ne pouvant aller qu’au sixième des revenus de l’huile […]

 

Il indique ensuite : "L’huile d’olive étant source d’appréciables revenus, la plantation de jeunes oliviers (estanques) est encouragée. Mais les froids hivers de 1786, 1788 et 1789 sèment la consternation parmi les propriétaires terriens. Au mois de juin 1789, ils comptent plus de 4000 oliviers victimes du froid et d’autres, hors d’état de porter fruits durant plusieurs années. Le 6 août 1791 il est estimé que la récolte aurait été de 400 charges sans les intempéries alors que chacun a récolté seulement sa provision. En 1794, la production atteint seulement 40 charges. Découragés les propriétaires vont trouver une nouvelle source de revenus : la vigne. Très rapidement la vigne supplantera l’olivier et de plus, fera disparaître les terres labourables."

 

En 1812, Capestang ne comptait plus que 221 Ha d’olivettes. En l’espace de 72 ans, entre 1740 et 1812, 677 hectares d’olivettes ont donc disparu au profit de la vigne.

 

En ce début du XXIème siècle et depuis une vingtaine d’années, la culture de l’olivier a repris une place importante dans l’Hérault. L’huile d’olive est devenue incontournable. Et il suffit de se promener autour de Capestang pour constater que de nombreuses nouvelles olivettes font maintenant revivre, en partie, les paysages du passé.

Source : Archives départementales de l'Hérault


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