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Il était une fois… la place Jean Jaurès

par Philippe Barjaud


La place Jean-Jaurès est un atout majeur du bourg, pour sa convivialité, les services qui s’y concentrent, les terrasses accueillantes, les marchés, et les fêtes qui s’y déroulent. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Car jadis s’élevaient là de nombreuses constructions. Le plan et la photo aérienne montrent les évolutions de la place en deux siècles.

 

Sur le cadastre de 1809, sous le numéro 390, la tour du Setier fut au 11ème siècle le premier donjon du village, avant la construction du château. Rachetée par la municipalité en 1736 pour servir de « maison commune » aux consuls, elle est abandonnée en 1805 à cause de sa vétusté, et finalement détruite en 1838 car elle « déprécie l’un des plus beaux quartiers de la ville ». Une nouvelle mairie aurait dû être bâtie à cet emplacement, mais le projet est abandonné au profit de l’installation des services municipaux, en 1845, dans la maison Biget, l’actuel hôtel de ville.

 

Sur ce même plan, en bas à gauche de l’église, est indiqué un abreuvoir. C’est la place Basse, ou place du Griffoul (de l’occitan « grifol », fontaine), déjà un point central de la vie du bourg. Mais ce qui est à noter, c’est la présence d’un ensemble de sols et de maisons, sous les numéros 304 à 311. Sur une carte postale des années 20, on voit sur la gauche des façades de commerces, « Docks Méridionaux », « P. Routier ». Mais leurs jours sont comptés…

 

Déjà, le 22 juin 1914, le Conseil Municipal adopte le plan d'alignement qui devait permettre la construction d'un marché couvert sur la place de la Liberté, car tel était son ancien nom. A la fin des hostilités, le 11 avril 1919, est prise la délibération suivante :

 

« Le Conseil Municipal, certain de traduire l’émotion profonde de tous les travailleurs, […] décide : 1° que le buste de Jaurès sera placé dans la salle de ses délibérations, 2° que la place et la rue de la Liberté porteront désormais le nom de Jean Jaurès. »

 

Enfin, le 20 juin 1928, constatant que la place publique, « trop exiguë, ne peut même pas recevoir toute la population les jours de Fêtes et de Réjouissances publiques, et aussi les Dimanches et Jours de marchés, les Marchands et Commerçants de toutes sortes qui viennent vendre leurs produits », le Conseil décide de profiter de la proposition d’Émile Rudelle, de vendre à la Commune les immeubles qu’il possède, comprenant « six maisons d’habitation, un bureau, deux remises, un hangar et deux cours », aussitôt décrétée d’utilité publique.

 

Mais ce n’est que le 21 octobre 1933 qu’est passé avec Louis Avérous le marché de la démolition des immeubles, le temps de gérer le départ des locataires. La même entreprise est chargée le 20 juillet 1934 des travaux d’embellissement de la place, rapidement achevés dès le 23 août. Entretemps, la commune avait négocié la plantation d’arbres sur les places de la ville, ce qui permet aujourd’hui de nous réjouir de leur ombrage bienfaisant.

Sources :

 « Capestang, histoire et inventaire d’un village héraultais », collectif, 2011

 Archives départementales de l’Hérault, dépositaire des archives communales

 

Légende des illustrations :

 - plan cadastral de 1809

 - photo aérienne 2020 © géoportail

 - carte postale des années 20

 - photo 2019 (PB)

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