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Eté 1944, entre enthousiasme, douleur & espérance

3ème partie : Le maquis « Latourette » à Ferrières-Poussarou, par Jacques Chamayou

 


Il est nécessaire de considérer pour ce qui nous intéresse ici, le fait que les jeunes résistants capestanais et leurs camarades de Nissan, Maureilhan, Puisserguier, Poilhes et Montady allaient rejoindre le maquis Latourette dans le hameau de la Fraise sur la commune de Ferrières-Poussarou. Nous entrons là dans l’organisation officielle des maquis de la région. Les résistants du secteur de Capestang représentaient une des composantes d’un mouvement qui avait pour mission de fusionner avec ceux de la montagne noire ou des hauts cantons héraultais situés plus à l’est.

Arrêtons-nous donc sur le hameau de la Fraise… Jean Bène, avocat de formation est membre de la Section Française de I’Internationale Ouvrière. Né en 1901, il devient à 30 ans maire de Pézenas. Révoqué par le gouvernement de Vichy, il s’engage dans la résistance. Celui qui deviendra à la libération, co-fondateur du quotidien Midi Libre, est chargé de diriger les maquis de l’Aude et de l’Hérault. Fin 43, le colonel Raymond Chauliac alias « Rivière », est pressenti pour être le chef de la Région 3 qui se superpose à la « récente ancienne » région Languedoc-Roussillon, l’Aveyron en plus. Finalement il laissera cette responsabilité au lozérois, Gilbert de Chambrun. Officier de réserve, Chauliac est davantage attiré par la résistance armée. C’est tout naturellement qu’il opte pour l’organisation de l’Armée Secrète sur ce même territoire. Recherché par la Gestapo, il a trouvé refuge chez un ami, Henri Bourdel, dans la quiétude du village de Saint-Chinian. Bène alias Garaud, résistant, lui rendent visite. Jalabert, responsable de la résistance à Saint-Chinian est présent à l’entrevue. Ce dernier est aussitôt missionné pour trouver un endroit propice afin de former un groupe de maquisards. Nous sommes en plein hiver 44… 

… Bène sera le chef du maquis. Mais il faut un homme capable de diriger les missions militaires. Bène a croisé à plusieurs reprises un nommé Jean Girvès, lieutenant d’active et saint-cyrien, puisserguiérain. Un homme de confiance. Qui plus est, du cru. Il a été démobilisé après le débarquement allié en Afrique du nord. Girvès participe très activement au sein d’une cellule de renseignements. Les deux hommes se rencontrent…

 … Girvès prend le nom de code « Latourette » pour assurer le commandement militaire du groupe qui fera désormais partie des maquis de l’Armée secrète ; une organisation qui regroupe les trois mouvements que sont Combat, Libération Sud et Franc-Tireur.

Les efforts incommensurables de Jean Moulin pour les regrouper en Mouvement Uni pour la Résistance n’auront pas été vains.

Comme au sein de tous les maquis, à « Latourette », on attend le jour J pour intervenir…/////…

 

à suivre ....

 

 

Photo :  Jean Bène

 

 

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