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Eté 1944, entre enthousiasme, douleur & espérance

5ème partie : De la Fraise jusqu’à Fraïsse : comme un symbole de continuité

par Jacques Chamayou


Après sept kilomètres de douloureux cahotements pour les mécaniques, Girvès et ses hommes parviennent aux abords du hameau d’Euzèdes, sur la commune de Riols, à proximité du site de Notre Dame de Trédos.

A égale distance entre les deux routes principales du secteur : Saint-Pons/Béziers au sud et Saint-Pons/Bédarieux au nord.
Les premiers jours se déroulent dans le calme le plus complet. Aucune perspective d’intervention directe ni de jonction avec le maquis de la Montagne Noire. Girvès reste dans l’expectative. Il est décidé que certains cadres, tels Bène, Lanet, Jalabert, partent momentanément pour être plus utiles ailleurs. Les bâtiments sont exigus. Les approvisionnements en denrées alimentaires ne peuvent s’effectuer que par Armand Calas sur sa moto ou encore par Ricou Belot avec sa mule.
Malgré les efforts de coordination de la part d’Emile Fontes, responsable de la résistance sur le saint-ponais, cela paraît insuffisant pour la cinquantaine d’hommes présents sur le site.
«Latourette» conseille aux résistants qui ont la possibilité de rentrer chez eux sans être ennuyés, de partir. Il leur impose bien évidemment la plus grande discrétion, y compris auprès de leur proche entourage. La vie de leurs camarades demeurant sur place dépend de cela. Ils seront informés dès que leur retour sera nécessaire. Seuls vont rester auprès de Girvès, de Pitman et de Viste, les hommes astreints au Service de Travail Obligatoire. Un effectif de vingt-cinq. Ils vont y attendre passivement jusqu’à ce qu’un évènement malencontreux les pousse à repartir précipitamment dans la nuit du 25 au 26 juin. Une information leur a été fournie quelques heures auparavant par Fontès… Une compagnie allemande doit surgir dans les heures qui viennent depuis le site de Trédos. Selon le chef saint-ponais ils auraient été dénoncés par l’adjudant de la gendarmerie de Saint-Pons.
Effectivement, l’avant-veille, deux gendarmes sont repérés sur la petite route aux environs de Notre Dame de Tredos. « Latourette » donne l’ordre de les surprendre et de les capturer. Désarmés ils sont amenés devant Girvès. Après un interrogatoire plutôt courtois, ce dernier décide de les laisser repartir. Il leur recommande de ne rien dire à leur hiérarchie. Il les incite même à le prévenir en personne au moindre risque visant le maquis.
Mais un gendarme est un militaire avant tout. Les ordres sont les ordres… Les deux étaient-ils d’accord sur le fait qu’il fallait signaler sur le rapport tous les « détails » de leur ronde ? Un seul a-t-il donné l’information à l’adjudant, commandant la brigade ?... Lequel, c’est certain, avait des accointances avec les officiers allemands en garnison à Saint-Pons !
… Quand les soldats allemands déboulent à Euzèdes, le hameau est totalement vide. Latourette » est déjà installé à l’Estalabar dans une ferme abandonnée, sur la commune de Prémian près de la baraque des gardes. Un refuge qui a déjà abrité les Francs Tireurs Partisans Français du maquis Jean Grandel. Du nom d’un ancien des Brigades Internationales présentes en Espagne, fusillé par les Allemands en 1941. Ainsi le secteur après avoir accueilli les résistants communistes en 1943, ouvre ses portes à l’Armée Secrète, et ses appuis « gaullistes ».
D’aucuns pourraient y voir un clin d’œil de l’histoire… Mais les lieux commencent à être trop petits. Or un nombre de maquisards toujours grandissant alimente « Latourette » alors que les « permissionnaires » d’Euzèdes n’ont pas encore été rappelés.
De fait, il est décidé de pousser toujours plus au nord. Sur la commune de Fraïsse-sur-Agoût, existe un grand manoir désaffecté. Givers et Pitman vont y installer leurs hommes. Le lieu est totalement isolé et bien adapté pour y accueillir une centaine de combattants. Les abords immédiats sont intéressants dans la perspective de dresser un campement nécessaire afin d’héberger les hommes qui ne pourraient loger dans le manoir lui-même ou dans les dépendances. Les postes de garde avancés sont d’ores et déjà aménagés. Girvès va pouvoir réunir tout son contingent. Et puis une immense clairière jouxte les bâtiments…/////…

 

A suivre ….

 


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